Pontacq : le dernier adieu à Claude Lacaze, champion mésestimé

Pontacq : le dernier adieu à Claude Lacaze, champion mésestimé
 
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Les obsèques de Claude Lacaze, ancien capitaine du XV de France, décédé à l’âge de 85 ans le 28 février à Nice où il avait terminé sa carrière de joueur, seront célébrées à Pontacq ce vendredi 6 mars. Nul n’est prophète en son pays. Mais Claude Lacaze l’aura peut-être été encore un peu moins que les autres. Né le 5 mars 1940 à Pontacq, il y sera inhumé ce vendredi 6 mars à l’issue d’une cérémonie d’obsèques célébrée en l’église de Pontacq (10h). Et ce sera en dépit des apparences, un adieu à une légende.Si cela ne fut pas justement mesuré, cela doit peut-être en partie à l’ombre d’un grand frère brillant et adulé : Pierre Lacaze dit « papillon », membre du XV de France lors de la tournée mythique de 1958 en Afrique du Sud et lors du Tournoi des 5 Nations 1959 qui verra les Bleus décrocher leur premier titre en solitaire. Un « papillon » aux 7 sélections qui virevolta avec Lourdes (trois Brennus en 1956, 1957 et 1958) avant de se reconvertir avec brio dans le rugby à XIII où il deviendra également international. Et comme si ce n’était pas suffisant, Pontacq, dix ans plus tôt avait déjà célébré un homonyme : Pierre Lacaze, sauteur en hauteur et finaliste aux Jeux olympiques de 1948.Claude Lacaze, réputé timide et discret, devait se faire prénom. Mais pour y parvenir, il n’a pas hésité à suivre les traces de son aîné. Il a mis le cap vers le FC Lourdes. Il s’y révélera mais sans vaincre.Il l’aurait mérité mais le destin en a voulu autrement : titulaire incontestable avec les juniors du FCL en 1959-1960, Claude Lacaze fut convoqué pour effectuer son service militaire en toute fin de saison et ne put participer à la finale du championnat Reichel contre Vierzon (victoire 21-6). Et quand il évolua avec l’équipe première, celle-ci n’aura pas été accompagnée de la réussite des années 50 : défaite en 8e en 1961 puis en demi-finale en 1962. La République au lendemain du premier Grand Chelem de l’histoire des Bleus. Archives Pyrénées Presse De l’Algérie aux All BlacksLacaze, ancien combattant d’Algérie, se consolera en 1961 avec une première sélection contre les All Blacks à Wellington (défaite 5-3)L’international numéro 505 s’installera dès lors en équipe de France, qu’importe son départ pour le SC Angoulême (1962 – 1972). Cafetier en Charente, il accumule 33 sélections entre 1961 et 1969. Et s’impose comme une référence. Le 14 avril 1962 contre l’Irlande, il fut le premier numéro 15 à marquer un essai sous le maillot tricolore. Il fut surtout l’inventeur d’une combinaison tactique devenue un classique : l’intercalage de l’arrière entre les deux centres.1968, année mythiqueL’année 1968 sera la plus belle de l’athlète rugbyman (chronométré à 10’70 sur 100 mètres) En mars, il prend part au premier Grand Chelem de l’histoire des Bleus : un titre scellé par un succès contre le pays de Galles (14-9). « Le Grand Chelem par les petits sentiers » titrera La République des Pyrénées qui par l’intermédiaire de sa plume “légendaire”, René Hegoburu, salue néanmoins la performance du Béarnais « très en verve ». En avril, il décroche trois sélections avec les Barbarians britanniques assumant même le capitanat et en juillet, il devient le 40e capitaine de l’histoire du XV de France. Christian Carrère forfait pour le premier test le 13 juillet 1968 contre la Nouvelle-Zélande à Christchurch, c’est Claude Lacaze qui assume le rôle. « Un grand match dans la boue » dira-t-il mais une défaite (9-12).Un Béarnais capitaine, c’était seulement la cinquième fois après Fernand Forgues (1914), Roger Piteu (1925), Jean Matheu-Cambas (1949), et François Moncla (1960). Mais à l’époque, la nouvelle était passée inaperçue : La République n’a consacré qu’un petit paragraphe à sa prise de fonction et autant à son forfait pour le 2e test. Son heure de gloire n’aura qu’une petite suite : une dernière sélection face à l’Angleterre dans le Tournoi 1969, à l’ouverture cette fois.Le reste de sa carrière ne s’écrirait plus qu’en club, avec Angoulême puis Nice où il évoluera de 1972 à 1977. Il s’y reconvertira en tant qu’entraîneur avec réussite notamment en 1983 où son équipe éliminera la Section Paloise en quart de finale avant tomber en finale contre Béziers. Qu’importe, l’essentiel était fait : petit frère était devenu grand.En lui disant adieu, Pontacq aura l’occasion, une dernière fois, de le réaliser
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