« Une victoire dans le Tournoi peut effacer la déception » : après la désillusion, les Bleus en quête de rebond

 
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Après avoir oscillé entre sidération, moments de flottement et petits regains de tension suite à la défaite en Écosse, le groupe France semble avoir réussi à basculer vers la réception de l’Angleterre « Quel temps ! Le soleil, ça ne pouvait pas durer. » Prononcé par une salariée de la FFR, en même temps qu’elle enfonçait sa tête entre ses épaules pour affronter la fine pluie de Marcoussis, mercredi en fin de matinée, ce commentaire météorologique serait tout autant adapté pour décrire la situation du XV de France dans ce Tournoi. Quelques jours après l’immense désillusion née du naufrage du XV de France à Murrayfield (50-40), qui a scellé les rêves lumineux de Grand Chelem tricolores, le CNR ne dégageait plus l’énergie euphorique des dernières semaines en dépit des sourires et des rires ayant ponctué les petits jeux en préambule de la séance du jour.Face aux micros, William Servat a affiché son volontarisme en martelant qu’il fallait « rapidement se remettre en route » pour se projeter vers la réception des Anglais qui, au-delà du sel apporté par la perspective de disputer un Crunch, pourrait permettre à la France de conserver son titre. « C’est une finale et la possibilité de remporter le Tournoi », a rappelé le technicien en charge des avants. L’heure est clairement au rebond. Mais cela ne signifie pas qu’il a été facile à amorcer. Sur le même sujet XV de France : quatre semaines de suspension pour Oscar Jegou Le troisième ligne du Stade Rochelais a écopé d’une suspension de quatre semaines suite à son geste au visage d’Adam Ashman lors de la défaite des Bleus en Écosse Sur le même sujet Arnaque au match Écosse-France : 485 billets, 250 000 euros, Viagogo dans le viseur... Ce que l’on sait Floués par un vendeur qui n’a jamais envoyé les billets achetés à l’avance, des centaines de Français naufragés de Murrayfield s’organisent et visent Viagogo, la plateforme de revente. Une Bayonnaise témoigne FlottementLe week-end a été long pour le groupe France qui est rentré d’Écosse dès samedi soir pour rallier la résidence des Bleus. En l’absence de Fabien Galthié le lendemain, qui ne s’est pas montré dans les couloirs du CNR, les portes n’ont pas claqué. Les murs n’ont pas tremblé sous le coup des éclats de voix. Mais une forme de crispation s’est invitée dans une délégation française encore en état de sidération, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu lui arriver dans un étrange moment de flottement. « On a eu besoin de digérer cette prestation, souffle le centre Pierre-Louis Barassi. On a bien mis une journée à le faire. Mais dans le Tournoi, on ne peut pas perdre de temps. »Il a tout de même fallu en prendre pour revenir sur ce match à Murrayfield lors duquel les Bleus ont encaissé 50 points et sept essais. Dans les deux cas, une première depuis le début du mandat de Fabien Galthié. « C’est un écueil, s’est efforcé de minimiser William Servat. On fait en sorte de se remettre dans la bonne marche. On essaie de faire un vrai audit et de ne pas partir sur tous les sujets. Il y a des choses qui n’ont pas marché, mais rien qui ne soit ingérable. »Le technicien n’a pas approfondi son analyse. Mais puisqu’il pèse habituellement toujours ses mots, sa sémantique traduit l’ampleur de la remise en question. Morceaux choisis. - « On est passé à côté. » - « Le rugby est un sport de combat, on a failli. » - « On a peut-être préparé cette semaine de manière confortable. »« Ce qui peut effacer cette déception, c’est une victoire dans le Tournoi. Ça fait 20 ans qu’on n’en a pas gagné deux de suite »Le cadre toujours très maîtrisé des conférences de presse ne traduit évidemment pas ce qui se passe à l’intérieur d’un groupe. Comme c’est le cas après chacune des défaites du XV de France, celle concédée face aux Écossais a mis sous tension les équilibres au sein de l’encadrement où, secteur après secteur, tous les techniciens ont été spectateurs d’une forme de naufrage. Un levier que Fabien Galthié n’hésite jamais à actionner. Sur le même sujet XV de France. « Cette Angleterre qui était notre enfer » : Quand le Crunch a commencé à devenir vraiment croustillant Si elle existe depuis 120 ans maintenant, la rivalité entre la France et l’Angleterre s’est particulièrement cristallisée de la fin des années 80 jusqu’en 1995 Tension, attentionDans le huis clos total qui a été décrété mardi à Marcoussis, en dépit de l’éphémère tentation d’une ouverture médiatique, l’attention s’est décuplée. Cet ingrédient a-t-il pu manquer la semaine dernière ? « Je ne dirais pas qu’on s’est vu trop beaux, parce qu’on était impliqués, mais peut-être..., a semblé réfléchir à haute voix William Servat. Quand on se sent confortable, on ne rentre pas dans la rencontre comme il faut. » Pierre-Louis Barassi, toujours dépité : « Il nous a manqué de tout. A ce niveau-là, on ne peut pas rivaliser. »Malgré tout, l’entraînement à haute intensité réalisé mercredi a permis aux joueurs de basculer vers le rendez-vous face à l’Angleterre. Présenté comme une « finale » potentielle avant le début de la compétition, ce rendez-vous a perdu une partie de saveur. « On ne peut pas revenir en arrière, plaide Pierre-Louis Barassi. Ce qui peut effacer cette déception, c’est une victoire dans le Tournoi. Ça fait 20 ans qu’on n’en a pas gagné deux de suite. » À son tour, William Servat a sondé sa mémoire : « Quand j’étais jeune, j’ai eu un entraîneur qui nous disait qu’une personne blessée était beaucoup plus dangereuse parce qu’elle sentait le danger. » Lorsqu’il a prononcé ces mots, l’ancien talonneur évoquait l’Angleterre. Mais ils étaient tout autant adaptés au XV de France
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